Monument Historique · Paris IVᵉ

Le patrimoine Guimard

L’unique synagogue conçue par le maître de l’Art nouveau

Hector Guimard

Le génie de l’Art nouveau

Hector Guimard (1867-1942) est la figure française majeure de l’Art nouveau. On lui doit les célèbres entrées du métro parisien — ces édicules de fonte verte aux courbes végétales devenus un symbole de Paris — ainsi que le Castel Béranger. Son style, reconnaissable entre tous, fait « onduler » la matière : le fer, la pierre et le verre semblent prendre vie.

En 1913, Guimard signe ici son seul et unique édifice religieux. Qu’un maître de l’Art nouveau ait conçu une synagogue en fait un lieu absolument exceptionnel, unique au monde.

La synagogue en 1917

1913 – 1914

Un défi d’architecte

Le terrain confié à Guimard est ingrat : une parcelle biaise et très étroite, à peine 5 mètres de large sur 23 de profondeur, coincée entre deux immeubles. Là où d’autres auraient renoncé, Guimard répond par une verticalité de douze mètres, rythmée d’étroites fenêtres et de pilastres continus qui tirent le regard vers le haut.

Réalisée pour l’association Agoudas Hakehilos et financée par des fonds entièrement privés, la synagogue est en service dès octobre 1913 et inaugurée le 7 juin 1914.

Photo : Charles Lansiaux, 1917 — domaine public

La façade ondulante

La façade

La pierre qui ondule

La prouesse est technique autant qu’artistique : Guimard emploie des pierres agglomérées creuses sur armatures en béton armé, une innovation qui libère la forme. La façade en devient souple, vivante, presque respirante — comme animée par le vent.

Cette ondulation de la pierre est la signature de l’Art nouveau, ici appliquée pour la première et unique fois à un lieu de culte juif.

Photo : Arthur Weidmann — CC BY-SA 4.0

L'intérieur et l'entrée

L’intérieur

Lumière et hauteur

À l’intérieur, l’espace s’élance autour de deux étages de mezzanines — les galeries des femmes — qui encadrent la travée centrale. La lumière tombe d’en haut, par des verrières au plafond, et d’une vaste baie vitrée au fond, baignant la nef d’une clarté propice au recueillement.

Photo : Djampa — CC BY-SA 3.0

L’œuvre totale

Un mobilier entièrement dessiné par Guimard

Fidèle à l’idéal Art nouveau de l’« œuvre d’art totale », Guimard n’a rien laissé au hasard : luminaires, chandeliers, appliques et bancs sont tous de sa main. Un décor végétal stylisé en staff court sur les murs, les garde-corps de fonte reprennent les courbes de la façade, et les dossiers des bancs s’ornent de motifs triangulaires. Rien n’est décoratif par hasard : tout dialogue.

La mémoire

La nuit du 2 au 3 octobre 1941

À la veille de Yom Kippour, la synagogue de la rue Pavée est dynamitée au cours d’une attaque coordonnée contre sept synagogues parisiennes, menée par un groupe collaborationniste d’extrême droite avec la complicité de l’occupant nazi.

Meurtrie mais debout, elle sera restaurée. En 1989, son inscription au titre des Monuments historiques protège l’ensemble de l’œuvre de Guimard, jusqu’aux éléments liturgiques. La communauté n’a jamais cessé d’y prier.

Venir la voir

Au cœur du Pletzl

La synagogue se dresse au 10 rue Pavée, dans le Marais, à deux pas de la rue des Rosiers — le cœur historique du quartier juif de Paris, le « Pletzl ». Un lieu de prière vivant et un joyau du patrimoine parisien.

Adresse

10 rue Pavée, 75004 Paris

Métro

Saint-Paul (ligne 1)

Quartier

Le Marais · rue des Rosiers

1914

Inauguration

12 m

de hauteur sur 5 m de large

1989

Monument Historique

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seule synagogue de Guimard au monde

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